

Agharta
2 Résumé
Dans un futur proche, la Terre n'est plus que déserts et mers, et l'eau potable se raréfie sans cesse. Pourtant pour certains, l'espoir renaît. Partout dans les terres arides, une plante nommé tamarix a commencé à se développer, indiquant la présence d'eau là où tous les hommes avaient renoncé à en trouver. Inconnu jusqu'alors, le tamarix semble pour les biologistes porter l'espoir d'une renaissance prochaine de la vie végétale partout sur le globe. Mais cet arbre a des propriétés inquiétantes, dont la moindre n'est pas que ses effluves sont mortelles pour l'Homme...
Dans l'une des contrées où la végétation survit encore, proche de l'île forteresse d'Higher Ground, la plus préservée des terres du globe, un garçon nommé Juju survit tant bien que mal au service d'un mafieux, Stipe. Il doit sa place à sa soeur, dont le truand est épris, et depuis son plus jeune age s'est habitué aux vols et règlements de comptes qui parsèment sa sombre vie. C'est alors que son ami Cori, lui aussi membre de l'organisation de Stipe, lui propose une idée complètement folle : s'introduire dans la citée d'Higher Ground, défiant la surveillance des gardes sur le pont. Higher Ground se tient depuis toujours sous leurs yeux, inaccessible paradis à moins d'un kilomètre de distance. Juju relève le défi, et bientôt tous deux se retrouvent sur l'île, mais se perdent de vue...
Juju va rencontrer dans le jardin privé du maire une jeune fille nommée Rael qui va bouleverser sa vie. Celle ci porte constamment des chaînes aux poignets qui la relie au fauteuil roulant de Lord Philip et ce, de son plein gré. Le regard mystérieux de la jeune fille, son silence permanent, tout en elle va intriguer Juju. Mais bientôt Rael est libérée pour guider le jeune mafieux à travers la forêt environnante jusqu'à la ville proche. L'horreur commence alors, car la jeune fille se révèle dotée d'une force surhumaine, et tue à mains nues tout ce qui se dresse sur son chemin. Elle semble animée d'un but bien précis, lié à la culture de Tamarix qu'un laboratoire effectue en sous-sol dans le but d'analyser ses propriétés, et de trouver par son intermédiaire un moyen de restaurer la vie sur la planète meurtrie. Sans vraiment le vouloir, Juju va se retrouver en train d'aider la terrifiante jeune fille, qui semble ne pas avoir envie de le tuer. Mais Rael doit bientôt battre en retraite précipitamment face à un nombre grandissant de gardes.
Ils se retrouvent tous les deux sur l'île d'Higher Ground, en dehors de la cité surveillée. Le cauchemar continue : La population est hostile aux étrangers, quant à Rael, elle perd de manière soudaine et inexplicable conscience, et rien ne semble pouvoir la réveiller si ce n'est une immersion totale dans l'eau douce. Mais l'eau est devenue une richesse inestimable. Trompé par des marchands d'esclaves, brutalisé par les caïds de quartiers, forcé de rendre coup pour coup pour survivre, Juju va tant bien que mal essayer de se faire des alliés. Mais à quel point peut il s'y fier ? Certains l'ont déjà trahi par le passé. D'autres envisagent peut être de le faire. Dans cette jungle urbaine, la pitié n'a plus sa place. Et l'ombre de Rael plane, personnification de la violence tandis que les morts se multiplient. De nouveau personnages apparaissent pourvus des mêmes capacités que Rael, et leurs intentions ne semblent pas amicales. Le mystère de la jeune fille ne cesse de s'épaissir. Quel est son lien avec le Tamarix, et avec tous ces individus qui lui tournent autour ? Quel secret dissimule-t-elle qui fut caché aux Hommes depuis l'aube des ages ? Rael est le centre d'un maelström qui s'est abattu sur Higher Ground, et les victimes ne se comptent déjà plus, tandis que s'éveille d'incompréhensibles convoitises et les désirs les plus fous.
Juju va tant bien que mal tenter de protéger la jeune fille, et un lien se crée entre eux. Au milieu de cette sarabande mortelle, l'amour a t'il encore sa place ? Juju veut le croire. Mais comment protéger quelqu'un de si différent, de si déroutant, face à de tels êtres ? Et rester avec Rael revient à tenter de contrôler une terrifiante bête sauvage, chaque échec de sa part risquant d'accroître encore le nombre de victimes. Pourtant il doit le faire, car au-delà de ses sentiments, il sait qu'il est le seul à pouvoir l'empêcher de tuer. Vieux amis, nouveaux ennemis, les camps se forment et le jeune homme y trouvera peut être l'aide qu'il lui faut, à moins qu'elle ne vienne d'un endroit inattendu... Mais tout cela à condition que Rael ne le tue pas de ses propres mains... 3 Avis
Agharta est à mes yeux l'un des meilleurs manga Seinen actuels. Il est donc dommage qu'il soit aussi peu connu, et je le recommande sans hésiter pour peu que la violence qui y règne ne rebute pas le lecteur. A noter que la qualité du dessin, de sa trame et du montage des pages est tout bonnement exceptionnelle, et un pur bonheur pour les yeux. Le fond alterne entre le blanc et le noir de manière judicieuse, et passé l'étonnement que cela procure au début, on apprécie vraiment de lire ce manga car on sent réellement que chaque planche a été travaillée avec un soin méticuleux. L'histoire complexe en remonte aux meilleurs manga, tant par sa complexité que par son originalité, car si le monde de départ semble un classique du post apocalyptique dans le genre Mad Max, il ne sert que de toile de fond, et réserve de toute façon de nombreuses surprises. La violence passe bien et sert même le scénario à merveille, mettant le lecteur totalement dans l'ambiance sombre du monde d'Agharta : son omniprésence n'est donc en aucun cas un défaut, bien au contraire.
Note : 18.4 Liens

Un site dédié au monde d'Agharta. Histoire, personnages, dossiers, galeries d'images. Vraiment très complet et de qualité.
proposé par Yadana
5 Commentaires
* Genre
Agharta est un manga Cyber Punk et post apocalyptique, clairement destiné à un public averti. Emaillé de scènes très dures bien plus que de scènes tendres, ce manga nous donne l impression, à l'image du personnage de Rael, d'être constamment en équilibre précaire entre calme et violence, basculant de l'un à l'autre sans crier gare. Viols, meurtres, chantage : dès le début du manga, l'ambiance est posée. Les milieux fréquentés par les personnages, le trait réaliste et agressif du mangaka Takaharu Matsumoto, les différentes personnalités, tout contribue à l'atmosphère sombre et oppressante de cette oeuvre.
* Scénario
Il est très complexe, et de nombreuses trames qui semblent totalement distinctes se rejoignent et s'entremêlent, tandis que d'autres qui semblaient destinées à se mêler ne le font pas. Le scénario ne cesse de nous surprendre, et il est pratiquement impossible de deviner le prochain mouvement des personnages, tant les motivations de la plupart d'entre eux restent entâchées d'ombres, voire complètement obscures. Sur les 5 premiers tomes, l'histoire ne cesse de se compliquer encore et encore, apportant de nouveaux éléments, de nouveaux individus. Et c'est cette instabilité permanente de l'histoire, avec pour conséquence directe qu'on ne sait jamais de quoi et même de qui l'histoire parlera dans seulement 10 pages qui donne toute sa dimension au scénario d'Agharta.
* Caractère des personnages
Ils sont très variés, et il y a un réel contraste entre les personnages, l'innocence des uns faisant encore plus ressortir la noirceur des autres. On pourrait croire alors que les personnages sont noirs ou blancs, et par ce fait assez stéréotypés. En fait, il n 'en est rien, car aucun d'entre eux n'est aussi simple qu'il le parait à première vue. La soeur de Juju par exemple a véritablement un caractère pur et innocent, et pourtant... Elle a tué son propre père de sang froid. Au contraire, certains personnages sombres montrent parfois des facettes de leur personnalité qui nous donne envie de les aimer. Dans Agharta, il y a très peu de personnalités banales, proches de la "normalité", et chacun s'en écarte à la fois vers un extrême et vers l'autre. Au final, on obtient des caractères déroutants, imprévisibles, qui servent la trame du scénario avec bonheur.
* Sentiments
Le manga fait sans cesse entrer en conflit les sentiments, amours et amitiés constamment mis à mal, proches de se briser à cause de la violence et de la haine omniprésente. Matsumoto a réalisé une oeuvre qui parle ici d'amitié et d'amour les plus purs tout en conservant en permanence une atmosphère très violente. Ainsi Rael ressemble à un ange exterminateur, belle, intouchable et mortelle, et pourtant elle qui passe par moment pour un véritable démon sanguinaire aux yeux de ses compagnons semble capable des sentiments les plus profonds et les plus purs... Il est au final très difficile de déterminer la place exacte des sentiments dans cette oeuvre : ils sont d'une importance capitale dans l'histoire, au point que l'on pourrait presque affirmer que ceux-ci constituent la ligne principale du scénario.
* Character Design
La beauté du charac design et la qualité rare de la trame du dessin se combinent pour donner des dessins magnifiques. Le style est très varié, et il n'y a pas, comme dans certains manga, possibilité de confondre les personnages qui sont pourtant extrêmement nombreux, tant les visages et les habits sont différents. A noter que là où la plupart des mangaka donne l'impression d'un regard mauvais ou méchant en dessinant les yeux plus étroits, Matsumoto réussi à faire passer les sentiments par les yeux sans recourir beaucoup à cette astuce. Ainsi Rael a par moment un regard véritablement terrifiant, et pourtant il s'agit de l'un des personnages ayant les plus grands yeux...
* Background//Mecha design
Il est constitué en majorité de grands immeubles souvent décrépis et d'intérieurs tels qu'on peut l'imaginer dans des appartements de banlieue. En fait du côté des villes, il est très conventionnel, et peu futuriste. Là où il se distingue, c'est lors de la représentation des zones désertiques et de la faune et la flore, car les décors sont alors un mélange d'étrange et de classique.
Les décors en eux même sont relativement détaillés, bien qu'assez peu fréquents dans certains chapitres pour un manga seinen, alors que dans d'autres sections, il est au contraire dessiné dans pratiquement toutes les cases, ce qui est tout autant inhabituel.
Le mécha design alterne également entre contemporain et futurisme, ainsi les armes sont pour la plupart guère différentes des armes actuelles, mais certains personnages portent des attirails beaucoup plus avancés technologiquement, ce qui les distinguent immédiatement des autres, et donne l'impression étrange qu'ils sont déplacés dans la société d'Agharta...
Par Tous, K.O.Ru