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Introduction

Apocalypse

"Apocalypse" est un terme qui signifie "mise à nu" et "révélation". Malgré le fait que seule l'Apocalypse de Jean soit reconnue comme étant une réelle "révélation", l'eschatologie est une forme de littérature particulière. Pour commencer, Jean n'a pas été le seul prophète à recevoir une révélation. Parmi eux, on peut citer Pierre, Abraham, Daniel, Elie, Moïse et une vingtaine d'autres. Un autre point important est que l'Apocalypse est considérée comme une prophétie de destruction, offrant à celui qui l'obtient des pistes pour indiquer le chemin qui mènera à l'extinction de notre univers et parfois à une réhabilitation de celui-ci.

Quand on parle d'Eschatologie – étude théologique sur la fin des temps – on parle invariablement d'une date qui serait donnée dans les écrits de Jean. On a d'abord pensé que c'était au seuil d'un Millénium – d'où le Millénarisme. Il y eut l'an mil, qui fut aussi le théâtre de deux voire trois des quatre cavaliers, Pestilence, Guerre et Mort. Puis finalement, et après réflexion – vu que la fin des temps n'a pas eu lieu lors de l'an mil –, cela pourrait être le second millénaire, que nous venons de passer avec succès. Remarquez que les sectes millénaristes considèrent ce moment comme un sursis de plus pour la race humaine. Comme quoi l'interprétation de l'Apocalypse selon Jean sous la forme de la destruction de ce que nous connaissons a encore de beaux jours devant elle.

Avec l'avènement de la Raison, l'Apocalypse, devenue une thématique très exploitée, reste pourtant un fait très important de l'iconographie occidentale, mais aussi, et après la seconde guerre mondiale, un point d'orgue de l'iconographie asiatique. La raison en est simple. Jusqu'alors, Dieu était le seul à pouvoir lancer l'Apocalypse. Dieu ou les dieux puisque que "apocalypse" au sens de "destruction" et de "fin des temps", existe dans la quasi-totalité des religions depuis le Ragnarok de l'ancienne civilisation nordique, jusqu'aux multiples légendes celtes sur le sujet.

En premier lieu, il y a la science. La science, droite et classifiée, rassurante mais froide, n'est pourtant qu'un sujet assez important de terreur. "Terminator" (1985) est un bon exemple de cette terreur, suivi de près par la trilogie des "Matrix" (1999). Cette science est souvent le point de départ, celui qui détruit, l'Apocalypse matérialisée par explosion nucléaire. Un des épisodes de "Twilight Zone" mais aussi plusieurs "Au-delà du Réel", font état de l'apocalypse nucléaire mais aussi des films comme "WarGame" (1965) ou encore pour la télé, "The day after…" (1975). C'est aussi à cause de la science que bien des dégâts sont faits à notre monde.

Charnière entre la science et la maladie, "Le Fléau" (1978 puis télévisé en 1994) de Stephen King, invoque la stupidité humaine incarnée par un personnage représentant le mal qui fabrique un virus si mortel que l'Homme disparaît presque de la surface de la Terre. C'est aussi le cas d'un film beaucoup plus ancien tel que "The Last Man on Earth" (1924). On peut aussi parler de "Phoenix Point" (2003) et d'une variété incalculable d'autres productions.

Les choses provenant de l'espace sont aussi des thèmes récurrents de l'apocalypse, aussi bien dans "Independance Day" (1996) pour les extra-terrestres ou "Deep Impact" (1998) ou "Armageddon" (1998) pour les météorites.

Et nous n'évoquons pas les raisons purement mystiques tels que les rituels et démons de "Silent Mobius" (1998), "Dawn of the Dead" (1978), "Night of the Living Dead" (1968), "Resident Evil" (2002)…


Après ce long préambule, qu'est-ce que le style post-apocalyptique ? D'abord, il faut savoir que la conscience de l'Homme le pousse invariablement à la survie. C'est la raison de l'existence d'un espoir à l'Apocalypse. Même si la révélation d'origine offre une ouverture vers un monde de prospérité proche de Dieu, la destruction de notre univers mais aussi la fin des temps sont une perspective assez inconcevable, surtout si l'on prend l'apocalypse pour ce qu'elle n'est pas, c'est-à-dire la fin universelle due à une maladie, une guerre, une famine ou une autre forme de mort. C'est d'ailleurs ces symboliques qui sont les plus reprises dans les Apocalypses littéraires, mais aussi dans leurs mondes post-apocalyptiques. L'autre point c'est que l'Apocalypse de Jean est très floue et assez discutable, c'est d'ailleurs peu de le dire.

Le style post-apocalyptique est un style assez pessimiste dans l'ensemble mais portant l'incroyable paradoxe de développer un espoir de survie à la mort certaine. Quelques grands points sont assez souvent présents dans les post-apocalypses.

En premier lieu, la vie de l'humain est devenue complexe pour des raisons météorologiques et climatiques, depuis les environnements souillés de "L'armée des douze singes" (1995), le désert glacé de "La compagnie des glaces" (1982) ou celui de "The Day after Tomorrow" (2004) ou encore le désert brûlant des "Mad Max" (1979) ou de "Bitume MK5" (1988), rendant la terre stérile. La pollution est aussi une vision très présente pour ce type de symbole, comme dans "Blade Runner" (1982) ou dans "Wonderful Days" (2005)

Le second point est la modification des règles sociales avoisinant l'anarchie et le retour de l'Homme à un état primitif d'agressivité et de violence extrême dans le but de survivre. Dans ce cadre, de petites sociétés se montent sous la forme de dictatures, tels que celles de "Now and Then, Here and There" (1999) ou de "Dark Angel" (2002). Dans les pires cas, ce sont des structures sous la forme de bunkers dans le but de permettre d'affronter l'ennemi, comme dans "Mad Max" ou "Land of the Dead" (2005).

Dans tous les cas, la symbolique portée par ces mondes post-apocalyptiques est une image du regret d'un passé tel que le nôtre qui me paraît être un moyen de nous dire « regardez donc ce que vous avez, c'est un âge d'or ». C'est aussi un moyen de rechercher une forme de justification à notre système plus ou moins égalitaire. Les symboles sont aussi énormément basés sur les écrits de Jean, en particulier les nombres qui s'y retrouvent, 7 – représentation des portes du paradis mais aussi des péchés mortels - et 9 – combinaison de 3x3 mais aussi les entrées de l'enfer - en particulier, mais aussi le serpent et le dragon, comme dans "Le règne du feu" (2002).

Nous vivons une époque où l'imaginaire est souvent nourri de désastres et le retranscrit dans un environnement déjà prédéfini par notre histoire. Les craintes eschatologiques ont donc changé avec la population et notre civilisation mondiale. En lieu et place des diables et des démons qui tourmentaient les écrivains de l'an mil et qui délivraient le courroux de Dieu sur la planète, c'est maintenant notre Raison déraisonnable qui massacre nos vies dans les mêmes danses macabres. Rien n'a changé, même si nous tentons d'y croire. Bonne post-apo et bonne lecture.
Par Nehwon